Des médailles pour les Vierges espagnoles

Durant la Semaine sainte, l’Espagne se remplit de processions. A Séville bien sûr, qui les vit avec une dévotion débordante, mais aussi à Madrid, à Valladolid ou à Salamanque, les membres des « cofradías » et des « hermandades », (« confréries ») enfilent leurs tuniques et leurs cagoules (le « capirote ») et défilent pendant des heures au rythme des « pasos », portant des autels qui pèsent des tonnes, où trônent des Christs et des Vierges surchargés de dorures. C’est un spectacle assez époustouflant.

Dans un pays à forte tradition religieuse mais où l’Eglise perd ses fidèles – plus de 70 % des Espagnols se déclarent catholiques mais seulement 13 % d’entre eux se rendent à la messe tous les dimanches, selon le Centre d’investigation sociologique (CIS) – ces moments de grande ferveur populaire vont au-delà de la foi. Du dimanche des Rameaux au dimanche de Pâques, les processions mobilisent les municipalités et ses habitants, bloquent la circulation et font la « une »  de la presse.

Les fantômes du passé

Ce n’est pas pour autant que la décision du ministre de l’intérieur, Jorge Fernández Diaz, d’octroyer la médaille d’or du mérite policier – la plus haute décoration honorifique de la police – à la Très Sainte Vierge de l’Amour de Malaga, est passée inaperçue. Elle a, au contraire, réveillé quelques fantômes du passé. L’affaire est d’ailleurs entre les mains de la justice après la plainte déposée par deux associations laïques qui dénoncent une atteinte au caractère…

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